Place de la République. Paris, 29 mars 2006.
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Attention chutes d’images

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Faire des photos et des vidéos de la lutte en cours, les diffuser sur les réseaux sociaux ou les publier sur un blog personnel ou encore un site militant, sont devenus des pratiques courantes.
 
Si c’est une bonne chose de ne pas laisser la production de l’information aux seuls “spécialistes”, c’est aussi une pratique à risque qu’il convient de maitriser. Il appartient en effet à chacun et chacune d’entre nous de ne pas se transformer involontairement en auxiliaire de police.
 
Il va sans dire que la problématique est assez similaire en ce qui concerne les journalistes professionnels, photographes ou caméramans, qui sont nombreux autour du cortège et particulièrement lorsque cela “chauffe” un peu.
 
Rappelons à toutes et à tous que la police, en plus de filmer et photographier directement les manifestations et actions de protestation, procède à une collecte systématique de ce qui circule sur le web, voire dans les rédactions des agences de presse ou des médias… Et n’hésite pas parfois à faire des perquisition et saisir des ordinateurs et des disques durs pour récupérer des éléments à charge.
 
Pour la police cela permet en particulier :
 

  • D’identifier les “meneurs”, celles et ceux qui sont particulièrement actifs et impliqués dans le mouvement, qui seront en suite ciblés de façon sélective sur des manifs ou des actions.
  • De faire pression sur des militants pour leur interdire de participer à des actions directes sous peine de poursuites judiciaires.
  • D’inculper des gens après interpellation pour participation réelle ou supposée à des débordements.

En ces temps de lutte généralisée contre la “loi Travail”, un usage raisonné et réfléchi des images est donc plus que vivement recommandé. En particulier :
 

  • Ne pas mettre en circulation sur les réseaux sociaux ou sur le web d’images de tension ou d’affrontements avec la police où des personnes peuvent être identifiées.
  • Si nécessaire (et à minima même), flouter les visages des personnes qui ont oublié de se masquer le visage alors qu’elles participent aux festivités. Ne pas être timides dans le floutage, la police dispose de logiciels performant pour faire apparaître les détails et les visage sur une image (remember NCIS).
  • Ne pas hésiter à supprimer purement et simplement après coup des images trop problématiques. Vous raterez peut-être le prochain prix WorldPressPhoto, mais le mouvement et les camarades vous en seront éternellement reconnaissants.
  • Pour les journalistes reporters d’images et reporters photographes, merci faire un éditing particulièrement serré de ce que vous soumettez aux agences ou aux rédactions. Le fait de “faire son travail” n’a en effet jamais été une excuse pour faire n’importe quoi.
  • Si vous avez réalisé des images d’événements sensibles que vous souhaitez archiver, ne pas les garder accessibles sur un disque dur… Il y a sur Mac, Windows ou GNU/Linux des solutions accessibles d’images disques cryptés.
  • Attention aussi aux services de diffusion vidéo en direct comme Periscope. Même si c’est du streaming, les images peuvent en être récupérées par la police.

La lutte n’est ni un diner de gala, ni un défilé de mode.

samizdat.net (nextstep crew) – 8 avril 2016

Photo Gilles Klein (CC by-sa)

4 Comments

  1. Gnafro says on 9 avril 2016

    C’est aussi pénible d’avoir à supporter les torrents d’ordures que certains peuvent déverser en commentaires, IouTioube en particulier est un dévaloir à neuneu xomme Facebook, Pensez à les désactiver et à empêcher la republication automatique sur d’autres chaines.

  2. se battre pour interdire à la police de faire son travail de chiottes, oui

    pour de véritables droits politiques et contre big brother qui porte atteinte au contrat constitutionnel

    contre la police tout court et la police politique en particulier

    des budgets à sérieusement revoir sinon supprimer

    que tous les fonctionnaires portant atteinte aux droits politiques des citoyens soient révoqués et sanctionnés, oui

    ceux qui se soulèvent aujourd’hui n’ont rien à craindre : la légitimité, c’est eux

    les images ne sont que des images, et n’ont aucune valeur juridique (quant aux articles qui prêtent à confusion à ce propos ils doivent aussi sérieusement être revus – cf Loppsi 2)

    quant au fait que la police les exploite, comme le simple fait qu’il y ait des caméras actives sur le parcours des manifestations, par exemple, comme tous les autres dispositifs spéciaux inventés ces dernières années, tels les flash-ball, et, pire encore si possible l’usage des grenades à grenaille envoyées dans les jambes des lycéens ces derniers jours – tout ça porte atteinte au droit de manifester et doit être aboli tout comme les services qui ont la charge de ce travail anti-démocratique doivent être pur et simplement supprimés

    par contre la parano des militants sur ces images, elle est le plus souvent contreproductive ; et les discours élaborés, comme ici, pour nourrir cette parano ne sont pas les plus immédiatement nécessaires à l’heure où il faut plutôt se demander que faire quand on aura renversé l’Etat – ou comment recalibrer cet Etat pour garantir liberté et plaisir de vivre, justice et démocratie

    • Depuis les manifs contre le CPE la police pratique l’interpellation ciblée de militants, y compris dans les cortèges. On imagine facilement dans quel but… Ce n’est pas de la parano, mais une réalité. Et cela c’est vu récemment aussi bien pour des camarades qui intervenait en soutien aux réfugiés et sans papiers, qu’au cours des récentes manifestations contre la Loi Travail.

  3. Pingback: ObscuraCam: photos anonymisées pour camphones – ★ infoLibertaire.net

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